
Le mouvement de contestation s’intensifie et va probablement tenter d’éjecter le dictateur égyptien aujourd’hui, plus d’un million de manifestants sont attendus au Caire, ils ne brandissent pas des banderoles de partis politiques, mais un message clair et traduit en plusieurs langues « Moubarak, casse-toi !! ». Les puissances étrangères naviguent à vue, car il s’agira de choisir le bon camp, et au bon moment, et surtout de ne pas oser forcer le trait du changement, ce qui risque de faire perdre « quelques substantiels acquis », argumentant qu’on ne veut pas « se mêler » des affaires égyptiennes, pratique…
De la maison blanche aux anciens collons, tous restent assis sur les bord du fleuve à compter les cadavres, ils calculent quelle position et attitude il sera bon d’adopter pour ses propres petites affaires. La maison blanche aux mains rouges de sang, principale pourvoyeuse de fonds pour le maintien de la dictature, y va de ses bons conseils sans trop se mouiller, parlant maintenant d’une transition pacifique, pour notamment permettre de mettre en place tranquillement les futurs pions américains et préserver ses intérêts ? Ceci permettant aussi au passage au dictateur en place de s’en tirer en conservant les milliards spoliés au peuple égyptien ? Le peuple égyptien est-il dupe de cette mascarade ? Il semble que non.
Cette révolution populaire émerge d’une jeunesse « connectée » et réflexive, disposant d’un niveau culturel et d’érudition qui devrait lui permettre de mener ce mouvement vers la démocratie, et ne pas permettre le rattrapage politique que certains craignent. Les femmes sont aussi mobilisées, elles ont un grand rôle à jouer dans ce qui s’annonce comme étant une future société égyptienne moderne, car il s’agira pour elles de conserver et de développer leurs acquis sociaux, elles sont véritablement une grande partie de l’avenir de la Tunisie, et ont un rôle fondamental à y jouer. Le peuple se révolte, cette révolution lui appartient, et il s’agira pour lui de ne pas permettre les divers rattrapages possibles de sa révolution, certains attendent au coin du bois, et la meilleure manière pour l’occident de permettre l’émergence de la future démocratie égyptienne serait d’oser se mouiller et prendre des positions courageuses.
Les forces de soutien au régime en place sont essentiellement composées de gens qui ont fortement collaboré et ont des choses à perdre avec le basculement de cette dictature, alors la résistance au mouvement populaire s’organise, et on paye des contre-manifestants, on y glisse quelques agents en civil, on laisse échapper des criminels pour tenter de générer un cahos qui justifierait la reprise de la rue par la force dans un bain de sang. Seulement voilà, même muselée et menacée, la presse est là, et les coupures de réseau internet sont compensée par la débrouille des tunisiens. On peut dire sans risque de se tromper que bien d’autres dictatures sont menacées dans un monde de communication, et c’est bien là que réside la nouveauté de ce monde moderne, la Chine, et bien d’autres, doivent observer ces révolutions dans le nord de l’Afrique avec torpeur, d’ailleurs on entend déjà ça et là quelques débuts de remises en question.
Certains chiffres disent que le clan Moubarak possèderait plus de 130 milliards de dollards planqués dans différents « paradis financiers » dans le monde, la Suisse doit maintenant jouer son rôle et bloquer de toute urgence tous les fonds de ce dictateur, et ne pas attendre, jouer la montre, et nous «amuser» et nous gargariser de réussite par la suite avec quelques millions séquestrés. Nous avons beaucoup à donner et un rôle important à jouer dans ces révolutions en marche, et nous pouvons à l’inverse aussi beaucoup freiner leurs réussites, il s’agira pour nos politiciens d’être visionnaires et courageux, au vu de ce qui squatte sous la Coupole fédérale, nous sommes en droit d’être inquiets à ce sujet, mais martelons ce message, encourageons-les à voir « au-delà » de ces quelques avantages immédiats, il n’ont pas la culture de visionnaires, et sont des gestionnaires, il faut que ça change, et vite, car nous avons aussi beaucoup à perdre dans l’échec de l’avènement de nouvelles démocraties.
J’adresse un message de solidarité au peuple égyptien et au peuple tunisien, ainsi qu’à tous les peuples opprimés qui sont en marche pour regagner leur liberté. La Gauche restera dans la rue pour dénoncer ces criminels en col blancs, et souvent aux côté de ressortissants de ces différents pays, qui son nos frères de lutte. Un vent de liberté s’est levé, et il est porteur d’espoir pour des millions d’opprimés, soufflons pour en accélérer sa marche.
Frédéric Charpié – Secrétaire du collectif national