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Le très ambitieux duo «Thorens – Girod» en route pour la présidence des Verts en 2012

 

Les Verts suisses s’apprêtent à faire des choix qui vont orienter la politique qu’ils vont menerdans le futur sous la Coupole fédérale. La Gauche soutient bien entendu le maintien de la politique engagée par Ueli Leuenberger, mais en cas de glissement malheureux vers une double tête comme par exemple celle proposée par la vaudoise Adèle Thorens et le zurichois Bastien Girod, nous offrirons généreusement l’asile aux véritables verts.
En 2012, Ueli Leuenberger, qui sait que la seule technologie ne sauvera pas la planète, va céder sa place à la tête du parti. Ueli sait que sans partage des biens de consommation, du travail, un changement radical des rapports Nord-Sud, une sortie du nucléaire, du système capitaliste, et sans réflexion sérieuse non pas pour plus de croissance, mais de décroissance, notre «belle planète bleue» est condamnée. Mais d’autresvoix, plus élito-compatibles, ou simplement plus opportunistes, viennent contredire les théories durables et cohérentes du futur ex-président. Dans le discours des nouveaux venus, tellement creux, demain il faudra forcément miser sur une écologie du tout technologique. Ceci pourrait consister à greffer une puce à chaque bipède pour limiter sa consommation d’énergie, et pour la solidarité, on repassera… Pour remercier Ueli, ces jeunes verts très ambitieux, peuvent éventuellement lui offrir une villa «mynergie», 250 m2 habitables sur une parcelle de 1500m2 pour deux personnes, et pour rester économes, il leur suffira de reprendre les plans de celle d’Adèle Thorens. Ceci, plus une voiture qui carbure au bioéthanol brésilien avec 5 à 6 moteurs, 3 ordinateurs de bord et une combine dernier cri à l’hydrogène, et ce sera parfait. Et que le « dieu technologie »puisse venir en aide aux pessimistes râlant sur le recyclage et la durabilité de ces bidules.

Heureusement, Adèle Thorens est là, elle qui habite déjà une maison 100% verte, nous montre l’exemple.De plus, elle n’est pas fermée aux questions de real politique, puisqu’elle annonce déjà pouvoir envisager sans problème que l’on travaille plus longtemps, et oui, si c’est nécessaire pour… croître ? Antonio Hodgers,autre intrépide ambitieux du parti, est un peu pris de court par ce duo Thorens – Girod, mais il a des atoutsdans sa manche, par exemple ce n’est pas aux Verts genevois que l’on va apprendre la responsabilité, euxqui serrent le cordon de la bourse encore plus fort que la droite, et pas celui des plus nantis. Donc Antonio est mal servi par Bastien Girod, et pourtant le genevois était toujours prêt à soutenir ce 3ème larron avide de réussite, l’alémanique Vert aux dents longues, y compris quand il déconnait sec sur la migration et l’aménagement du territoire. Fort heureusement, quand Antonio arriva en Suisse, Bastien n’était pas auxcommandes pour justifier que le cor des alpes se mariait mal avec le tango, ce dernier étant une danse prenant trop d’espace sur le préau helvétique (…). Pour les propositions, difficile d’y voir clair, car les documents devant orienter le choix des militants ne sont pas publics, chez les verts, c’est donc l’opacité qui prédomine, mais on va dire de manière plus élégante que l’on préfère «travailler» en famille…

Les candidatures courent jusqu’à mi-janvier pour cette présidence, et la décision va se prendre lors d’un congrès national en avril 2012. Gageons que le réflexe du tri des déchets sera encore de mise, et que ces quelques jeunes ultras ambitieux, non pas pour la planète, mais pour leur petite carrière personnelle, vontse faire écarter et ne pas pouvoir prendre les rennes du parti. Sinon ? Et bien le dernier label vert d’un partigouvernemental désirant porter un projet de société viable et cohérent sera mort et enterré, et comme on préfère l’original à la copie, ces ex-camarades Verts vont encore trinquer face aux schizophréniques verts libéraux dans les prochaines consultations populaires, leurs supporters votant soit franchement libéral,glissant ailleurs, ou allant encore grossir le plus fort parti de Suisse, les abstentionnistes.

Si les choses tournent mal, ce que nous ne souhaitons pas bien entendu, La Gauche accueillera volontierstous les verts véritables, et y compris quelques élus sous la Coupole, pourquoi pas, pour y former à termeun nouveau groupe parlementaire écosocialiste, anticapitaliste et féministe. Donner l’asile ne nous fait paspeur, convaincus qu’il faut changer radicalement de cap, et très peu intéressés à nous contenter d’aménager l’enterrement de l’espèce humaine en se servant sur la bête capitaliste, pressant les plus démunis d’entre nous à grand coup de salamalecs, même verdoyants, tout en oubliant pas de les culpabiliser au maximum. Voussavez, cette fameuse masse qui pollue, ne comprend rien, solidaire des ouvriers, des migrants. Cette masse qui refuse de travailler jusqu’à 70 ans pour que quelques jeunes arrivistes puissent pavaner dans de belles villas «mynergie», et pourquoi pas devenir un jour conseillers fédéraux, une « récompense » suprême qui semble déjà leur faire tourner la tête.

Frédéric Charpié – Secrétaire national de La Gauche

 

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